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Rencontre avec le paresseux : si lent que ça ?

animal le paresseux

Une des espèces les plus anciennes au monde, le paresseux est un mammifère qui existe sur le grand continent américain voilà plus de 60 millions d’années. De la famille des Bradypus, le paresseux, également appelé « aï », est une espèce arboricole qui se caractérise par un physique très particulier. Le paresseux à un corps recouvert de longs poils raides beige virant au brun-gris et certaines parties en vert. Mesurant entre 42 et 80 centimètres, il pèse en moyenne 4 kg avec une variation entre 2,2 kg et 6,3 kg pour certains individus. Le paresseux possède un visage rond sur lequel évoluent un petit nez retroussé et des yeux entourés de traces noires élargies vers l’arrière. Ses oreilles sont si minuscules qu’elles paraissent inexistantes et le paresseux arbore un sourire qui s’éternise sur son visage.

Pour se distinguer de son cousin Choloepus de la famille des Megalonychidaie qui possède deux doigts, le paresseux ou aï est doté de trois longues griffes sur ses pattes avant et arrière. Le paresseux possède une minuscule queue. La caractéristique la plus marquante chez le paresseux est sa capacité à faire tourner sa tête à 90°, de droite comme de gauche, elle peut même faire un tour de 270°. Cette particularité permet au paresseux de détecter les dangers même en se mettant à dos, grâce au nombre de vertèbres cervicales qu’il possède. C’est aussi la meilleure alternative pour le paresseux de sentir le danger, comme son acuité visuelle est plutôt réduite. En effet, le paresseux en possède huit ou neuf. Le paresseux, bien qu’il appartienne à l’ordre des édentés, est doté de 18 molaires lui servant à mâcher ses nourritures, essentiellement composées de feuilles. La population des paresseux se concentre dans certaines régions de l’Amérique du Sud et de l’Amérique Central, essentiellement en Guyane, au Brésil, en Argentine, au Bolivie, au Panama et au Costa Rica. Le paresseux, de par sa lenteur, arrive à vivre jusqu’à 30 ans à l’état sauvage et ceux qui sont soignés dans des aires protégées comme des parcs zoologiques peuvent avoir une longévité atteignant les 50 ans.

Le paresseux, un animal qui apprécie la hauteur

Le paresseux trouve son habitat dans les arbres. Il se caractérise par une position renversée, suspendu à une branche, la tête en bas. Le paresseux vit en étant ainsi pour se déplacer, pour se nourrir, pour dormir et même pendant ses ébats amoureux. Les chercheurs ont pu découvrir que, pour être à son aise dans cette position, l’organisme du paresseux est plutôt spécial. Ainsi, si ses organes ne se tassent pas vers le bas dans de telle posture, c’est qu’ils sont collés à la paroi de son corps. Le paresseux, étant dans cette position, ne sent aucune compression au niveau de son thorax. Les rares moments où le paresseux se tient à la verticale, c’est pendant l’escalade d’un arbre ou en position assise en prenant son souffle. Il est à noter que le paresseux ne sait pas sauter et il est rare de le voir à quatre pattes puisque ses longues griffes le gênent dans ses déplacements. Les seules fois où il se déplace sur la terre ferme, c’est pour ramper vers un arbre après avoir fait ses besoins.

Le paresseux est un animal qui évolue dans les forêts tropicales quand il se trouve dans les plaines, mais il apprécie beaucoup les forêts sèches et humides des montagnes, se trouvant à 2 400 mètres d’altitude. Le paresseux est souvent à la recherche du soleil pour prendre de bon temps à s’exposer à cette chaleur apportée par les rayons. Le paresseux est un animal calme et inoffensif, mais peut utiliser ses griffes et ses puissantes molaires pour se défendre. Les principaux prédateurs du paresseux sont les félins, principalement les jaguars et l’ocelot. Il peut aussi faire l’objet de convoitise des rapaces, notamment de l’aigle harpie.

Vivant en solitaire, le paresseux apprécie les moments passés seul sur son arbre et ne cherche la compagnie que pour s’accoupler. C’est un animal nocturne qui, par moment, prend du bon temps en mangeant. Le mâle et la femelle se rencontrent seulement pour se reproduire, une période plutôt rare puisque chez les paresseux, l’accouplement ne se fait qu’une fois tous les deux ans. Après une gestation de 6 mois, la femelle « paresseux » donne naissance à un seul petit aï. Elle met bas également en position inversée. À sa naissance, le petit ne pèse que 200 à 250 g. La maman « paresseux » apprend à son petit l’autonomie à l’âge de 6 mois, mais la véritable indépendance commence vers l’âge de 1 an. C’est alors que le petit aï entame une vie complètement séparée de sa mère.

Le paresseux, la lenteur dans tous ses états

Le paresseux n’est pas un animal qui choisit la nonchalance comme mode de vie, cette appellation est due à sa lenteur. Ce tempérament résulte de son régime alimentaire parce que le paresseux, en mammifère arboricole, ne se nourrit que de feuilles. Toutefois, le paresseux peut manger, de temps en temps, des insectes et des oiseaux pour varier un peu son régime. Ce mode de vie alimentaire ne lui permet pas de se constituer des muscles vigoureux, un tel régime n’apporte que peu de valeur nutritive. Le paresseux est un animal qui mange une grande quantité de feuilles pour remplir ses besoins quotidiens. Chez le paresseux, l’apport en eau est assuré par les feuilles qu’il mange, il ne boit jamais d’eau. Sa lenteur se traduit même dans sa capacité digestive. Le paresseux met du temps à mâcher, mais il prend aussi son temps pour digérer. L’estomac du paresseux se divise en plusieurs compartiments qui aident à la digestion de toute la cellulose des feuilles. Les chercheurs constatent même que certains aliments ne sont digérés par le paresseux qu’un mois après l’ingurgitation, c’est pourquoi le paresseux ne fait ses besoins qu’une fois par semaine. Le paresseux, pour se libérer de ses excréments, descend de l’arbre, creuse un trou pour les déposer. En général, il perd 1/3 de son poids après ce rituel.

La reproduction du paresseux est aussi lente que sa nature. En effet, les mâles et les femelles ne s’accouplent qu’une fois tous les deux ans, essentiellement au mois de juin. Pour se déplacer, le paresseux met une minute pour faire 2 mètres, cette attitude lui permet d’économiser son énergie. On estime alors un déplacement qui ne dépasse pas les 38 mètres en une seule journée chez le paresseux. D’ailleurs, le paresseux se déplace peu sur terre, il est plutôt réputé pour être un bon nageur. Il arrive à tenir  14 minutes jusqu’à 40 minutes en apnée quand il nage, une aptitude qui lui permet de ralentir son rythme cardiaque. En grand dormeur, le paresseux passe entre 14 et 18 heures à dormir, il fait sa sieste aisément la tête en bas. Parfois, sa lenteur lui préserve des dangers et des prédateurs. Avec ses poils dont la couleur s’assimile avec les feuillages et l’arbre, ses gestes aucunement brusques ne l’exposent pas aux ennemis.

Une autre spécificité du paresseux est la texture de ses poils. Ainsi, sa fourrure sert d’habitat à des insectes et parasites, entre autres des papillons, d’acariens et des coléoptères. Sa fourrure humide fait aussi l’objet d’une prolifération d’algues, ce qui lui confère cette couleur verdâtre. Néanmoins, cette végétation qui pousse sur ses poils lui sert de camouflage pour se cacher de ses prédateurs. Selon les chercheurs, le petit paresseux de quelques centimètres aurait pour ancêtre un paresseux géant mesurant jusqu’à 6 mètres.

Le paresseux, une espèce qui résiste

Le paresseux est une espèce qui ne fait pas l’objet d’une protection particulière. La seule menace qui pourrait atteindre le paresseux est l’activité humaine, tendant à détruire son habitat. La déforestation est le principal danger qui expose le paresseux à l’extinction, mais la situation n’est pas encore si alarmante. Le paresseux est aussi apprécié des autochtones pour en faire un animal domestique, seulement, son tempérament lent est favorable à certaines maladies qui pourraient être une cause de mortalité.

Même avec une reproduction moins fréquente, la population des paresseux n’est pas menacée par une imminente disparition. Cependant, avec l’intervention néfaste de l’homme sur son habitat, l’environnement du paresseux est de plus en plus menacé. Des campagnes de reboisement et la sensibilisation des habitants pour ne pas s’adonner à une domestication assidue du paresseux constituent les principales mesures pour le préserver.

Observer le paresseux dans sa lenteur

Les enfants se souviennent des bons moments passés devant le petit écran quand ils regardent leur dessin animé-culte « Zootopie » où Flash, le paresseux, est en tête d’affiche. On veut aussi faire une découverte de l’animal dans cette partie sud de l’Amérique. La fascination pour le paresseux peut s’accompagner d’une visite auprès du parc. Pensionnaire de plusieurs parcs zoologiques en France, le paresseux y est installé dans son biotope, la tête en bas et le sourire au visage. Les soins étudiés et les gestes mesurés des soigneurs l’aident à bien se sentir dans cet univers. Ce sera un moment privilégié qu’il ne faut surtout pas rater.

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